Si on devait garder une seule fonctionnalité de Claude Code, ce serait celle-là. Sur notre serveur, on a aujourd’hui une trentaine de skills installées. Il y en a une qui rédige nos mails de prospection pour GMB Club selon nos règles, une qui génère des visuels à notre charte, une qui audite nos campagnes publicitaires, une qui transforme des slides HTML en PDF. Chacune nous évite de réexpliquer la même chose à chaque session.

Voici ce qu’est une skill, en quoi c’est différent d’une commande ou d’un sous-agent, comment en écrire une qui se déclenche vraiment, et les erreurs à éviter.

Une skill, c’est quoi exactement

Une skill est un dossier qui contient un fichier SKILL.md. Ce fichier a deux parties : un petit en-tête avec un nom et une description, puis des instructions en texte libre. Vous pouvez y ajouter des fichiers d’exemple, des modèles ou des scripts.

Le principe qui rend les skills si pratiques : leur contenu n’est chargé que lorsqu’on en a besoin. Claude Code lit seulement la description de chaque skill au démarrage. Quand votre demande correspond à une description, il charge les instructions complètes. Vous pouvez donc en installer trente sans alourdir chaque conversation.

Une skill se déclenche de deux façons : automatiquement, quand Claude juge que votre demande correspond à sa description, ou à la main, en tapant /nom-de-la-skill.

Où vivent les skills

Portée Emplacement Pour quoi
Personnelle ~/.claude/skills/nom/SKILL.md Vos skills, disponibles dans tous vos projets
Projet .claude/skills/nom/SKILL.md Les skills d’un projet, partagées avec l’équipe via Git
Plugin installée avec un plugin Des skills toutes faites, appelées sous la forme /plugin:skill
Entreprise gérée par l’administrateur Les règles imposées à toute l’organisation

Chez nous, les skills liées à nos marques (prospection, visuels, rédaction) sont personnelles, parce qu’on les utilise sur plusieurs projets. Les skills propres à un site client vont dans le dossier du projet.

Créer sa première skill en cinq minutes

Prenons un exemple concret : une skill qui rédige les réponses aux avis Google d’un restaurant dans le ton de la maison.

1. Créez le dossier :

mkdir -p ~/.claude/skills/reponse-avis

2. Créez le fichier SKILL.md dans ce dossier :

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name: reponse-avis
description: Rédige une réponse à un avis Google pour le restaurant Le Bistrot du Port. À utiliser dès qu'on colle un avis client ou qu'on demande de répondre à un avis, positif ou négatif.
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# Réponses aux avis du Bistrot du Port

## Ton
- Vouvoiement, chaleureux, jamais obséquieux.
- Signer « Julien, gérant ».
- 3 à 5 phrases maximum.

## Règles
- Citer un détail précis de l'avis, jamais de réponse générique.
- Avis négatif : remercier, reconnaître le problème sans se justifier,
  proposer d'en parler au 04 00 00 00 00.
- Ne jamais promettre de geste commercial.
- Pas d'emoji, pas de point d'exclamation en série.

## Exemple validé
Avis : « Super soirée, la bouillabaisse était parfaite. »
Réponse : « Merci pour ce retour, la bouillabaisse est la fierté
de notre cuisine et on est ravis qu'elle vous ait plu. Au plaisir
de vous revoir sur le port. Julien, gérant »

3. Relancez Claude Code, collez un avis et demandez une réponse. La skill se déclenche d’elle-même. Vous pouvez aussi la forcer avec /reponse-avis.

Rien de plus. Pas de code, pas d’installation. Une skill, c’est avant tout un bon mode d’emploi écrit une fois pour toutes.

Les réglages utiles de l’en-tête

L’en-tête accepte d’autres champs que name et description. Ceux qu’on utilise vraiment :

  • disable-model-invocation: true : la skill ne se déclenche jamais toute seule, seulement avec /nom. Indispensable pour une skill qui publie ou envoie quelque chose : on ne veut pas qu’elle parte parce que Claude a cru comprendre.
  • allowed-tools : limite les outils que la skill peut utiliser. Une skill de rédaction n’a pas besoin de lancer des commandes.
  • context: fork : la skill travaille dans un contexte séparé et ne renvoie que son résultat. Utile pour les tâches longues qui rempliraient la conversation.
  • model : force un modèle précis pour cette skill, par exemple un modèle plus rapide pour une tâche simple.
  • paths : la skill ne s’active que sur certains fichiers du projet.

Skill, commande, sous-agent, CLAUDE.md : qui fait quoi

C’est la question qu’on se pose tous au début, et la documentation d’Anthropic a clarifié les choses en 2026.

Outil Ce que c’est Quand l’utiliser
CLAUDE.md Consignes chargées à chaque session Ce qui est vrai tout le temps : règles du projet, commandes, pièges à éviter
Skill Consignes chargées à la demande Un savoir-faire précis qu’on ne veut pas charger en permanence
Commande (/nom) Désormais fusionnée avec les skills Un fichier dans .claude/commands/ et une skill créent tous deux /nom. Les anciennes commandes marchent toujours
Sous-agent Un assistant séparé, avec son propre rôle, ses outils et son propre contexte Déléguer une tâche entière, comme une recherche ou un audit, sans encombrer la conversation

La règle qu’on applique : si c’est une consigne permanente, elle va dans CLAUDE.md. Si c’est un savoir-faire qu’on utilise une fois par semaine, c’est une skill. Si c’est un travail qu’on veut confier et récupérer fini, c’est un sous-agent.

Nos skills les plus utiles, et ce qu’elles contiennent

  • Rédaction de mails de prospection. Le contexte produit exact, les quatre profils de clients visés, les règles qu’on a apprises à nos dépens (ne jamais affirmer une supposition sur le prospect dans la première phrase, par exemple). Résultat : des mails cohérents quel que soit le jour ou la personne qui demande.
  • Génération de visuels. Notre charte graphique complète (couleurs, styles interdits, formats), et l’appel à l’outil de génération d’images avec les bons réglages. On demande « un visuel pour ce post », on obtient une image à la charte.
  • Audit de campagnes publicitaires. Une liste de contrôles par plateforme. Celle-là, on ne l’a pas écrite : c’est une collection de skills récupérée toute faite, un bon exemple de ce qu’on peut installer sans rien rédiger.
  • Conversion de présentations en PDF. Une skill toute simple qui explique quel outil utiliser et avec quelles options. Elle nous évite de chercher la commande à chaque fois.

Les erreurs à éviter

1. Une description trop vague

Une description du type « Aide à écrire des mails » ne se déclenchera presque jamais. Claude choisit une skill uniquement d’après sa description : elle doit dire précisément ce que fait la skill et quand l’utiliser, avec les mots que vous emploierez vraiment dans vos demandes.

2. Tout mettre dans une seule skill

La tentation est de faire une grosse skill « marketing » qui sait tout faire. Elle se déclenchera pour tout et chargera des instructions sans rapport avec la demande. Une skill, un savoir-faire : c’est la règle qu’on s’impose, et c’est pour ça qu’on en a une trentaine plutôt que trois.

3. Laisser une skill d’envoi se déclencher seule

Une skill qui programme des publications ou envoie des mails ne doit jamais partir parce que Claude a cru comprendre. La règle à suivre : toute skill qui agit à l’extérieur (publier, envoyer, payer) porte disable-model-invocation: true et ne s’appelle qu’à la main.

4. Ne jamais les tester

Claude Code propose désormais une commande /skill-doctor qui vérifie vos skills. Lancez-la après en avoir écrit une nouvelle.

Pour aller plus loin

Les skills prennent toute leur valeur quand on les combine avec des connecteurs MCP, qui donnent à Claude Code l’accès à vos outils. Une skill dit comment faire, le connecteur donne les moyens de le faire. On explique le principe dans notre guide complet du protocole MCP. Si vous n’avez pas encore installé Claude Code, commencez par notre guide d’installation, et retrouvez l’ensemble dans notre guide complet de Claude Code.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une skill dans Claude Code ?

C’est un dossier contenant un fichier SKILL.md : un en-tête avec un nom et une description, puis des instructions. Claude Code charge ces instructions uniquement quand votre demande correspond à la description, ou quand vous tapez /nom.

Où placer une skill Claude Code ?

Dans ~/.claude/skills/nom/SKILL.md pour une skill personnelle disponible partout, ou dans .claude/skills/nom/SKILL.md à la racine d’un projet pour la partager avec l’équipe.

Quelle différence entre une skill et une slash command ?

Depuis 2026, elles sont fusionnées : un fichier de commande et une skill créent tous deux une commande /nom. La skill ajoute le déclenchement automatique d’après sa description et la possibilité de joindre des fichiers.

Faut-il savoir coder pour créer une skill ?

Non. Une skill est un texte d’instructions en français. On peut y joindre des scripts, mais ce n’est pas obligatoire.

Pourquoi ma skill ne se déclenche-t-elle pas ?

Dans la grande majorité des cas, la description est trop vague. Précisez ce que fait la skill et dans quelles situations l’utiliser, avec les mots de vos demandes. Vous pouvez aussi l’appeler directement avec /nom.

Alexandre Damais, cofondateur d’A2Z Automation. Exemples tirés de nos propres skills. Fonctionnement vérifié dans la documentation officielle de Claude Code le 18 septembre 2026.